Les présidents des États-Unis d'Amérique
Les présidents des États-Unis d'Amérique
Voici la liste des 44 premiers présidents des États-Unis d'Amérique, avec la date de leur première entrée en fonction et leur âge à ce moment-là.
On notera leur jeunesse relative : 10 présidents sur 44 ont été élus à 60 ans ou plus mais 13 à 50 ans ou moins !
Riche planteur et député de Virginie, il devient commandant en chef des troupes indépendantistes en 1775. Charismatique, il est élu président sans difficulté sous l'étiquette fédéraliste. Sous sa présidence sont créées une banque d'État et une monnaie stable, le dollar.
Cet avocat fédéraliste figure parmi les grands acteurs de la guerre d'indépendance et les rédacteurs de la Constitution. Il est né au Massachusetts et non en Virginie comme les autres présidents du jeune État. Avant de devenir président, il est le premier ambassadeur des États-Unis auprès du roi George III. Il s'oppose à Jefferson, partisan d'une plus grande décentralisation.
L'auteur principal de la Déclaration d'Indépendance est aussi le chef de file du parti républicain démocrate, anti-fédéraliste, rousseauiste et pacifiste. Avec lui débute l'ère «des bons sentiments», marquée par une vie politique apaisée. L'opposition entre républicains et fédéralistes s'estompe, ces derniers contribuant par nécessité au renforcement de l'État central. Sous sa présidence, les États-Unis s'agrandissent de la Louisiane, achetée à la France.
Un beau jour pour mourir
Les présidents John Adams et Thomas Jefferson meurent le même jour, le 4 juillet 1826, 50e anniversaire de la déclaration d'indépendance.Le 5e président, James Monroe, disciple de Thomas Jefferson, meurt quant à lui cinq ans plus tard, le 4 juillet 1831 (également le jour de la fête nationale).
Il participe avec Hamilton à la rédaction de la Constitution puis mène la guerre contre l'Angleterre, de 1812 à 1815. Cette «seconde guerre d'indépendance» serait le seul exemple connu de guerre entre deux démocraties... Disciple de Jefferson, il continue à l'intérieur la politique des bons sentiments.
Originaire de Virginie comme de nombreux présidents des débuts, avocat comme les trois précédents, il définit la politique extérieure du pays pour le siècle à venir : les États-Unis n'interviendront pas dans les affaires européennes et considèreront toute intervention européenne sur le continent américain comme une menace à leur sécurité. En trois mots : l'Amérique aux Américains !
Le fils du deuxième président est l'auteur de la doctrine Monroe sur la politique étrangère. Il est désigné par la Chambre des représentants suite à une élection embrouillée (unique cas de ce genre), qui aboutit à la division du parti républicain démocrate entre le parti démocrate et le parti national républicain et à la fin de l'ère des bons sentiments.
Populaire général, héros des précédentes guerres, né en Caroline, c'est le premier président issu du peuple. Il rénove le parti (républicain) démocrate et inaugure le «spoil system» ou système des dépouilles, qui consiste à changer tout le personnel politique après chaque élection. Alexis de Tocqueville visite l'Amérique avec son ami Gustave de Beaumont pendant la présidence de Jackson, à un moment où prend fin l'ère «des bons sentiments».
Fils de fermiers néerlandais, premier président né après l'indépendance.
Victime d'une pneumonie un mois après son entrée en fonction († 4 avril 1841)
Sous sa présidence, le Texas est annexé aux États-Unis. Tyler soutient le droit des États du sud à pratiquer l'esclavage, ce qui le coupe de son parti et conduit à la démission de son gouvernement.
Une guerre inique contre le Mexique vaut aux États-Unis d'immenses agrandissements au Sud-Ouest ( Californie, Nouveau-Mexique...).
Deuxième président à mourir en fonction, il disparaît alors que le débat fait rage pour déterminer si les nouveaux États du Sud doivent pouvoir rester esclavagistes. Militaire de carrière, il était prêt à maintenir la cohésion de l'Union par la force.
(† 9 juillet 1850)
Le débat sur l'esclavage prend un tour violent et passionnel, avec le «Kansas-Nebraska Act», lorsque le Congrès fédéral autorise le Kansas et le Nebraska à se prononcer sur la légalité de l'esclavage.
Pendant sa présidence naît l'actuel parti républicain, qui préconise l'abolition de l'esclavage. Le nouveau parti est surtout représenté dans le Nord.
Ancien fédéraliste, il rallie le parti démocrate. Président soucieux de la paix civile à tout prix, il ne fait rien pour tempérer les revendications des États esclavagistes du Sud.
Élu avec seulement 40% des voix grâce à la division du camp adverse (un record), il conduit avec détermination la guerre contre le Sud sécessionniste. Premier président à mourir assassiné, il ne peut mener à bien la réconciliation nationale après la victoire.
(† 14 avril 1865)
Vice-président aux côtés de Lincoln, il tente de s'opposer au 14e amendement sur les droits civiques, qui accorde la citoyenneté aux Noirs. Achète l'Alaska aux Russes.
Commandant en chef des forces nordistes pendant la guerre de Sécession, alcoolique, se montre incapable de sévir contre les brigands et les affairistes qui mettent le Sud à feu et à sang.
Ce républicain l'emporte sur son rival démocrate bien qu'avec un total de voix inférieur, en raison d'une embrouille électorale dans quatre États (une affaire similaire à l'élection qui a opposé George W. Bush à Al Gore en 2000).
Assassiné par un officier déséquilibré en gare de Washington.
(† 19 septembre 1881)
Sous la présidence de ce républicain, le Congrès interdit l'immigration des Chinois, des indigents, des fous et des criminels.
Premier démocrate élu après la Guerre de Sécession. Réélu en 1892, il devra faire face à une forte crise du Trésor.
Fils du neuvième président, ce républicain bat le démocrate Cleveland avec moins de voix au total mais davantage de grands électeurs (comme George W. Bush en 2000). Il s'affirme comme défenseur des vétérans de la Guerre de Sécession et des Indiens. Il propose également au Sénat d'annexer Hawaï, un point sur lequel son successeur revint.
Ayant reconquis la présidence après un intermède de quatre ans, ce président démocrate issu de l'Est industriel mène la lutte contre la corruption, fait face à la panique monétaire de 1893 et abaisse les droits de douane, en rupture avec la tentation protectionniste des républicains (vote du «McKinley Tariff» le 1er octobre 1890). Avec lui, l'économie accède au premier rang des préoccupations gouvernementales.
Le républicain McKinley entraîne les États-Unis dans une guerre inique contre l'Espagne, ce qui a pour effet l'occupation des Philippines, de Porto-Rico... et la transformation des États-Unis en pays colonialiste. Comme d'autres personnalités de l'époque (Sadi Carnot, Sissi...), McKinley est assassiné par un anarchiste.
(† 14 septembre 1901)
Héros de la guerre contre l'Espagne, vice-président du précédent président, Theodore Roosevelt reste le plus jeune président des États-Unis. Il met au pas les trusts et poursuit une politique étrangère impérialiste. Il provoque la sécession du Panama en vue de percer un canal dans l'isthme centre-américain et se rend en 1906 dans ce pays pour se rendre compte des travaux (c'est la première fois qu'un président américain voyage à l'étranger dans le cadre de ses fonctions).
Sa médiation dans la guerre russo-japonaise vaut le prix Nobel de la Paix (1906) à ce président adepte de la «diplomatie du gros bâton». Il avait coutume de dire : «Speak softly and carry a big stick» («Parlez avec douceur mais portez un gros bâton»).
Ce juriste fut administrateur de Philippines avant de devenir président. Il maintient la politique des tarifs douaniers élevés et fait voter des lois anti-monopole.
Professeur de sciences politiques originaire de Virginie, ce président démocrate entraîne son pays dans la Grande Guerre aux côtés des Français et des Anglais. Cette rupture radicale avec l'isolationnisme traditionnel des États-Unis prépare le pays à son futur rôle de «gendarme» de la planète. Idéaliste impénitent, Wilson propose aux pays en guerre un plan de paix en Quatorze points. Mais il échoue à faire ratifier par le Congrès de Washington le traité de Versailles, ce qui a pour effet de compromettre gravement l'application de celui-ci.
Républicain, Harding est le premier président de la décennie 1920, marquée par une succession de présidents de même tendance, partisans du «laisser-faire» économique, qui mettent en place des gouvernements d'hommes d'affaires.
(† 2 août 1923)
Les présidents d'après la Première Guerre mondiale laissent le souvenir d'une grande médiocrité. L'époque est marquée par l'affairisme, la spéculation et le développement du gangstérisme consécutif à la prohibition de l'alcool par le 18e amendement (1919). Ce sont les «Années folles». Sous la présidence de Coolidge, le plan Dawes, portant sur les réparations que l'Allemagne doit payer à la France, est adopté.
Incapable de prendre la mesure de la crise boursière de 1929, ce président persiste à vouloir convaincre ses concitoyens que «la prospérité est au coin de la rue». Ironiquement, les bidonvilles peuplés de chômeurs sont surnommés les «Hoovertowns». Sous l'égide des hommes d'affaires, Hoover lance une politique de «coopération» nationale qui essuie un échec cuisant. Il mène également une politique extrêmement protectionniste.
D'une énergie peu commune malgré une paralysie partielle consécutive à la polio, ce président, cousin du précédent Roosevelt, restaure la confiance chez ses concitoyens victimes de la crise grâce à sa politique du «New Deal» (Nouvelle Donne) qui voit l'État intervenir pour la première fois comme acteur et investisseur dans l'économie (aides sociales, grands chantiers...). La crise n'est pas finie que le pays doit affronter la menace extérieure. Ménageant son opinion publique, farouchement isolationniste, Roosevelt prépare son entrée en guerre contre Hitler aux côtés des Britanniques. L'attaque japonaise sur Pearl Harbor lui fournit le prétexte d'entrer enfin en guerre contre le Japon mais aussi et surtout l'Allemagne. Le président meurt victime d'une hémorragie cérébrale quelques jours avant la capitulation de l'Allemagne hitlérienne, au début de son quatrième mandat (aucun président avant ou après lui n'a entamé plus de deux mandats).
(† 12 avril 1945)
Vice-président du précédent, Truman donne l'ordre de lâcher deux bombes atomiques sur le Japon pour obliger ce dernier à la capitulation. À peine la Seconde Guerre mondiale est-elle terminée qu'il doit faire face à la menace soviétique. C'est la guerre froide. Truman lance le plan Marshall en vue de reconstruire au plus vite l'Europe occidentale et de lui éviter de sombrer dans le chaos.
Commandant suprême des forces alliées en Europe, Eisenhower est élu sous l'étiquette républicaine. Il met un terme à la guerre de Corée et gère tant bien que mal la guerre froide cependant que l'Occident entre dans une période de prospérité sans précédent.
Jeune et séduisant, Kennedy est aussi le premier président catholique des États-Unis. Il tient tête aux Soviétiques, lance son pays dans la course à la lune et... met le doigt dans l'engrenage vietnamien. Son assassinat devant les caméras de la télévision bouleverse la planète.
(† 22 novembre 1963)
Moins séducteur que le précédent mais comme lui coureur de jupons invétéré, Johnson s'empêtre dans le conflit vietnamien et doit relever le défi de l'intégration des Noirs américains, victimes de la ségrégation. Martin Luther King est assassiné en 1968, année cruciale.
Quaker de Californie, ce président républicain, ancien vice-président d'Eisenhower et rival malheureux de Kennedy, met fin à la guerre du Vietnam, négocie un traité de désarmement réciproque avec l'URSS et entame un spectaculaire rapprochement avec la Chine communiste, épaulé par son secrétaire d'État Henry Kissinger. Mais ces actions sont occultées par un sombre tripatouillage électoral dans l'immeuble du Watergate. Une procédure d' impeachment déclenchée par le Congrès l'oblige à la démission (cas unique).
(démission le 9 août 1974)
Premier président à ne pas avoir été élu (pas même comme candidat à la vice-présidence), cette ancienne gloire du cricket s'attire la désapprobation des Américains en graciant son prédécesseur pour les délits commis pendant sa présidence. Sa politique économique est placée sous le signe de la lutte contre l'inflation. Dans un contexte d'affaiblissement de la fonction présidentielle, le pouvoir législatif s'affirme face à l'exécutif. Sur la scène internationale, les États-Unis sont en retrait et la détente avec l'URSS se poursuit.
Démocrate originaire de Géorgie et de confession baptiste, profondément croyant et idéaliste, Carter supervise la réconciliation entre Israël et l'Égypte à Camp David, en 1978. Mais sa gestion brouillonne des affaires afghane et iranienne sème le trouble chez ses concitoyens, encore éprouvés par le conflit vietnamien. Paradoxalement, il lance aussi le premier grand programme de réarmement américain depuis des années.
Ancien acteur et plus vieux président des États-Unis, excellent communicant, le républicain Reagan affiche des convictions simples et carrées : anticommunisme, libéralisme... Son slogan favori : «America is back» (l'Amérique est de retour). Il inaugure une «révolution conservatrice» fondée sur le retour du religieux et la libéralisation à tout crin de l'économie. Il entraîne aussi l'URSS dans une course aux armements effrénée («la guerre des étoiles») et l'oblige à déclarer forfait.
Vice-président du précédent, Bush, patricien de la côte Est, cueille les fruits de l'implosion du système soviétique mais n'arrive pas à les faire fructifier. Il engage une guerre contre l'Irak qui a pour effet de déstabiliser un peu plus le Moyen-Orient.
Premier président né après la Seconde Guerre mondiale, jeune et charismatique, «Bill» Clinton se signale par de beaux succès en matière économique et sociale. Il n'empêche que la postérité ne retiendra peut-être de son double mandat qu'un prénom, Monica !
Fils du précédent président Bush, cet ancien gouverneur du Texas, chrétien «born again», s'appuie sur la droite religieuse et les dirigeants d'entreprises pour se faire élire en 2000 et réélire en 2004. Chargé de répondre au traumatisme des attentats du 11 septembre 2001, il engage les États-Unis dans une guerre en Afghanistan, entraînant la chute du régime des talibans, puis ouvre un second front en Irak, sur la base d'une accusation sans fondement selon laquelle le régime de Saddam Hussein possèderait des armes de destruction massive.
En héritiers de la «révolution conservatrice» religieuse et ultra-libérale de Reagan, Bush et son équipe estiment que le devoir des États-Unis consiste à répandre la démocratie et le marché dans le monde. Les «neo-cons» dénoncent également le relativisme moral qui prévaut selon eux depuis les années 1960. Leur idéologie rencontre un écho en Europe (Silvio Berlusconi, Nicolas Sarkozy).
Dans les faits, la lutte contre le terrorisme islamiste et la prolifération nucléaire devient l'alpha et l'oméga de leur politique étrangère. À l'intérieur, leurs ambitions sont entravées par l'accroissement du déficit budgétaire, en grande partie dû à l'augmentation exponentielle des dépenses militaires. La fin du second mandat est obscurcie par la crise des subprimes, ces crédits hypothécaires à risque, qui entraîne une crise financière, puis une crise économique gravissime, tandis que les États-Unis cherchent des portes de sortie en Afghanistan et en Irak.
Né à Honolulu le 4 août 1961 d'un père kenyan et d'une Blanche du Kansas qui se sont séparé deux ans après sa naissance, le premier président «Noir» des États-Unis vit de 6 à 10 ans à Djakarta (Indonésie) auprès du deuxième mari de sa mère avant de revenir aux États-Unis, à Hawaï, chez ses grand-parents maternels. Brillant diplômé de Harvard, il dédaigne les grands cabinets d'avocats et devient éducateur social dans un quartier pauvre de Chicago, signe de sa volonté précoce de faire carrière en politique. Il se révèle par un discours vibrant à la Convention démocrate de Boston, en 2004, à côté de John Kerry. Candidat de son parti en 2008, il l'emporte sur la favorite Hillary Clinton.
Son élection triomphale a bénéficié du discrédit dans lequel George Bush Jr a plongé le parti républicain après deux mandats calamiteux mais aussi de la promotion de plusieurs personnes «de couleur» à des fonctions de premier plan (Colin Powell, Condoleezza Rice) - sans doute le seul point à porter au crédit du précédent président. Elle est moins la conséquence de la promotion des descendants d'esclaves que de l'énorme vague d'immigration planétaire qui a transformé en trois décennies les États-Unis et l'Europe occidentale.
Signe des temps : l'arrivée de Barack Obama à la Maison Blanche coïncide avec la sortie de deux grands films qui, chacun à leur manière, témoignent de la nouvelle Amérique et de sa vision du monde : Gran Torino (Clint Eastwood) et Slumdog Millionaire (Dan Boyle).
L'élection du 4 novembre 2008 illustre la maturité de la démocratie américaine et montre que les Américains ne sont pas rebutés par la couleur de peau d'un candidat dès lors qu'il est à leurs yeux le meilleur pour la fonction. Barack Obama est le 5e plus jeune président américain, après Theodore Roosevelt, John Kennedy, «Bill» Clinton et Ulysses Grant. La cérémonie d'investiture du 20 janvier 2009 a rassemblé environ 2 millions de personnes sur le Mall de Washington, ce qui en fait le plus important rassemblement de foule qui ait jamais eu lieu à ce jour aux États-Unis...
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